Ah, tu me brises le coeur. Et les jambes. [PV Archange]

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Message par Artémis Chester le Mar 21 Fév - 12:51

Artémis se sentait... grogris ? Ou gros gris ? Ou groggy alors. Un truc dans ce goût là. Il procéda à un rapide examen de lui-même: il sentait une violente raideur dans sa nuque, signe notable d'une nuit épouvantable. Quelque chose lui entravait les poignets. Quelque chose de lourd, de métallique, d'un peu gênant. Il sentait une surface dure et froide, contre son dos. Et à en juger par la place de ses cheveux sur son crâne, c'était probablement le sol. Ce qui expliquait la nuit épouvantable.

Autre chose: il ne voyait rien du tout.
Peut-être parce qu'il avait les yeux fermés.

Il battit des paupières. Le plafond de pierre lisse lui renvoya son regard. Avec un grognement, il se redressa en position assise et jeta un regard hasardeux autour de lui. Quatre haut mur, un plafond et un sol, tous taillés dans la même pierre. Une fenêtre minuscule, comme une meurtrière, trop haute pour qu'il l'atteigne, trop fine pour qu'il passe à travers. Pour seul mobilier, un lit de paille. Et enfin, luttant contre les mornes couleurs des pierres grises et du bois brun, une lourde porte légèrement rose. Chess plissa les yeux. Qui serait de suffisamment mauvais goût pour le mettre dans une pièce presque vide à porte rose ?

Il se demanda si il était prisonnier.

Le jeune homme leva les mains, révélant une paire de menotte assez lourde, qui cliquetèrent joyeusement entre elles, comme pour lui dire "Et oui ! Bienvenue en taule !"

Il sut qu'il était prisonnier.

Ses souvenirs étaient confus. Sa tête lui faisait un peu mal. Il ne se leva pas, de peur de s'étaler au sol. A la place, il se massa les tempes, rassemblant tous les souvenirs qu'il pouvait. Il se revit en train de prendre son petit déjeuner, tranquillement, dans un restaurant un peu miteux. Pas intéressant. Suivant ? Il se revit prenant un bain. Sans rire. Soudain, tout lui revint en mémoire d'un seul coup.
"Coupable !" "Coupe-Mulet" "Au secours !" "Suivez-nous" "Suspect jusqu'à nouvel ordre" "Sécurité nationale" "Tu as tué ma soeur !" "Votre Honneur, écoutez moi, je..." MÊME BUBULLE".

Chess se donna une claque.
Un peu d'ordre, s'il-vous-plaît. D'abords, Coupe-Mulet. Et sa marmite. Il revit le machin de cuisine avaler Balthazar. Il entendit, à nouveau, les appels à l'aide de l'objet. Artémis se souvint avoir hurlé quelque chose à la face de Coupe-Mulet, mais l'autre faisait des bulles avec sa bouche. Difficile de baser un dialogue là dessus. Il se souvint avoir tenté d'attraper lui-même la marmite, sans aucun succès. Il fronça les sourcils. As était intervenu, à un moment donné. Et son souvenir était assimilé à des flammes.
Les cris de Balthazar lui vrillait les oreilles, au moins autant que le rire dément de Coupe-Mulet. Il ne voyait pas d'échappatoire à la situation, aussi avait-il invoqué son parapluie pour voler sur la marmite et arracher son collier à ses entrailles. C'est là que tout s'était précipité. Les cris de balthazar s'étaient tus, la marmite s'était ouverte... et son univers s'était embrasé.
Artémis inspira un grand coup. La Marmite n'avait pas "dévoré" Balthazar. Ce qu'elle avait grignoté, c'était son lien psychique avec son Conteur. Lien qu'elle avait reconnecté et confondu avec le filament de magie qui l'unissait à Coupe-Mulet. C"était... intelligent. Chess refusa d'assimiler ce mot à Coupe-Mulet.
Balthazar était sorti de la marmite comme un cobra. Il avait regardé Artémis, qui n'avait pas tout compris sur le coup. C'est seulement lorsque son collier attaqua qu'il remarqua le grand vide mental entre lui et Balthazar.
Battement de cil.
As s'était interposé. Il avait poussé Artémis sur le côté et pris la déflagration magique de plein fouet. Il s'était embrasé d'un seul coup. Le Conteur, vautré sur le sol, était resté incapable de parler, incapable de penser. Il avait vaguement tendu la main devant la boule de feu qu'était son parapluie, sans pouvoir exactement admettre la mort d'un de ses amis. L'un de ses rares amis. As, il y a très longtemps, quand il était encore enfant, lui avait offert le monde du ciel. Artémis adorait voler. Et bien plus maintenant.
Chess essuya une discrète larme. Concentre toi.
Balthazar semblait avoir accusé le coup. Il s'était retourné lentement, comme réticent, vers son ancien maître. Lequel, presque par réflexe, avait invoqué Skif. Un battement de cil plus tard, une fumée dense protégeait Artémis de la vision de ses ennemis. Il avait tenté de renoué ses liens mentaux avec Balthazar. Peine perdue.
Au mieux, il se souvenait de la brique, tirée d'une maison en construction, qu'il avait abattu sur son ancien Objet. Il se souvenait du bruit des perles qui se brisent. Il se souvenait du silence, dans sa tête.

Mais plus que tout, il revoyait le visage de Coupe-Mulet, rondouillard, pâle, vaguement heureux.

Les doigts du Conteur se crispèrent autour de ses tempes. Pourquoi, maintenant, une image de tribunal ?
Les charges d'accusations étaient étranges. Il avait été arrêté, il y a quelques jours à peine, pour meurtre. Un certain Aljocius, dans une cellule Donode, retrouvé mort. Les témoins juraient tous avoir vu une silhouette lui ressemblant comme deux gouttes d'eau sortir de la ruelle où l'on avait retrouvé le cadavre. Pourtant, il n'avait tué personne. Il repassait au tribunal, le lendemain, pour prouver son innocence.
Pour autant, une autre clause le gardait enfermé, ici, à Sécolia, dans une des aires réservées aux criminels les moins dangereux (parmi ceux admis dans le Bagne Sinyen, cela dit): le juge avait souhaité le gardé à porter de main tandis qu'il examinait son métier. Exauceur de voeux n'était pas une profession très courante, et apparemment Chester trempait dans des affaires louches.

Le Conteur soupira. Dure journée, somme toute. Il se leva et se laissa tomber sur son lit (qui serait presque moins confortable que le sol). Qu'est-ce qui pouvait bien arriver de pire ?

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Re: Ah, tu me brises le coeur. Et les jambes. [PV Archange]

Message par Archange le Mar 21 Fév - 18:06

                 Archange se réveilla à onze heure du matin, il avait pourtant l'habitude de se réveiller tôt pour s'entraîner et visiter la caserne dont il était le chef depuis peu. Son père l'avait nommé il y a deux mois en lui disant qu'il fallait qu'il commence à avoir des responsabilité concernant la ville, même si Archange savait que son père voulait juste se débarrasser de la ville au fur et à mesure et donner la caserne à son fils était le premier pas vers la retraite pour lui. Le vieux Compte était épuisé et cela se comprenait, après 50 années des loyaux services envers sa patrie, la naissance et l'éducation de ses deux enfants et surtout la mort de son aimée, le vieil homme ne désirait plus qu'une chose : passer la main à son fils.
               Toujours était-il que Archange ne s'expliquait pas cette grasse matinée, il regarda à sa droite, la porte-fenêtre de son balcon était ouverte et le Butineur distingua une silhouette, il se leva et constata qu'il était nu (ce qui n'était pas habituel non plus), le futur Compte regarda autour de lui pour essayer de rassembler les pièces du puzzle, il aperçu deux bouteilles de vin et une de champagne, toutes vides, cela ne ressemblait décidemment pas au Butineur. Il se leva discrètement, s'apprêta à enfiler un pantalon mais une voix d'une douceur exquise l'arrêta :

-Tu n'étais pas si pudique hier… 
                La jeune femme qui était sur le balcon ne s'était pas retournée et sa voix rappelait à Archange des éléments de la nuit dernière mais toujours impossible de l'identifier... Le Butineur décida d'être, comme à son habitude, la plus franc possible

-Mademoiselle, je dois vous avouer que je n'ai aucun souvenir de la nuit dernière, ce qui a du se passer n'était pas du tout dans mes habitudes, je vous présente mes plus plates excuses et espère que vous saurez me pardonner.

-Bien sûr que tu ne te souviens rien je t'ai drogué, dit la jeune fille en rigolant, je comptais partir mais la vue m'a gardée captive de tes appartements et tu t'es réveillé donc...

-Vous m'avez drogué ? Mais pourquoi ça ? Et puis qui êtes vous ?[/font]

-Du calme, du calme…
               
          La jeune femme rentra la chambre et Archange pût enfin apprécier son visage. La jeune femme était splendide, ses cheveux châtains tournait au blond sur certaines mèches, ses yeux noisette refermaient à la fois élégance et malice, son visage de ses pommettes à son front, tout plaisait au Butineur qui ressentait, pour la première fois depuis trois ans, la paix. Archange sortit avec regret de sa contemplation et laissa échapper

-A votre vue je me sens moins coupable pour cette nuit…

         Elle rit, puis ils se regardèrent, le Butineur se dirigea vers la demoiselle (avec un pantalon) et sans quitter ses yeux du regard il lui dit d'un voix douce :

-Archange de Gal'Driel, Chef des Armée de la ville et héritier du Compte, quel est le votre ?

-Blanche… Blanche tout court

-Vous n'avez pas de nom de famille ?

-Orpheline, elle sourit de nouveau, je n'ai jamais été adoptée et depuis peu je travaille chez le fleuriste de la rue principale.

-Monsieur Rose ? Un brave qui avait sa carrière tracée à la naissance

         Elle rit et bêtement Archange se sentit fier, il continua :

-Je me dois de vous poser la question…

-Tu ne veux pas qu'on se tutoie ? l'interrompit-elle

-Je dois te poser la question… Est-ce que nous avons…

-Non, dit elle, enfin pas vraiment c'est assez étrange comme histoire je ne pensais pas que la potion de monsieur Rose agirait ainsi.

-Il n'y a rien eu ? Parfait nous pourrons repartir sur de bonnes bases, dit Archange en souriant

-Tout à fait, lui répondit-elle

-Tu fais quelque chose ce soir ?

-Euh non pourquoi ?

-Je veux te tester je passerai de te prendre à 20 h au magasin de monsieur Rose

-D'accord, mais je dois te dire quelque chose moi aussi

-Cela attendra ce soir, je suis désolé, j'ai beaucoup à faire… Tu étais plus sûre de toi à mon réveil

-Je pensais que tu étais encore sous l'effet de la drogue

-Je dois y aller à ce soir Blanche

-Au revoir Archange
               
         Le Butineur s'habilla rapidement, il regarda une dernière fois la jeune fille, puis au lieu de se diriger vers la porte comme d'habitude il se dirigea vers le balcon

-Qu'est-ce que tu fais ? demanda Blanche

-En retard, répondit simplement Archange
               
        Il prit ses deux épées les fixa dans son dos et se mit à courir vers le balcon, il prit appui sur la rambarde et sauta dans le vide. Blanche laissa échapper un cri et se précipita au balcon. Plus bas un ange avait fait apparition et se dirigeait vers la caserne.
 

         Enfin arrivé à la base, Archange se rendit dans le réfectoire pour aller saluer la plupart des soldats qui devait s'y trouver. Il entra et cria : "Messieurs ! Bonjour à tous !". Tous se levèrent et le saluèrent à l'unisson. Il se rendit en suite dans la partie du réfectoire réservée aux officiers. Ses deux meilleurs amis le Lieutenant Samuel Marsch et le Capitaine Ulrich Slalom l'attendait à un table :

-Alors panne d'oreiller ? C'est une première je crois… N'est-ce pas Ulrich ?

-Officiellement oui, répondit le capitaine en riant, puis il reprit, Qu'est-ce qui t'es arrivé en vrai ? C'est à cause de la nouvelle ?

-Quelle nouvelle ?

-Ah… T'es passé voir ton père aujourd'hui ? demanda Samuel

-Non pourquoi ?

-Tu te souviens du mage qui a..., Ulrich hésita un moment puis se résolu, tué ta mère ?
             Le visage d'Archange se referma, il dit d'une voix plus sombre : "Artémis Chester… Qu'est-ce qu'il a ?"

-Il est en prison, il aurait tué quelqu'un d'autre, il est enfermé à Sécolia, au bagne...

-Dans ce cas… Je n'ai plus rien à faire ici dit le Butineur
 

                D'un pas déterminé, il sortit du réfectoire, il s'adressa à ses deux amis une dernière fois "Vous gérez l'endroit et aidez pendant mon absence", tous deux acquiescèrent et Archange franchit la porte donnant sur la cour d'entraînement et s'envola vers le château entra dans la chambre de sa jeune sœur. Elle était là sur un tapis à jouer avec des poupées, le fils vengeur sembla s'apaiser momentanément, il la regarda puis souffla "Je reviendrai" d'une voix toute douce avant de l'embrasser sur le front. Il s'envola de nouveau en direction des montagnes cette fois après avoir vérifié ses épées, son argent et laissé un mot d'excuse à Blanche chez Monsieur Rose.

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Re: Ah, tu me brises le coeur. Et les jambes. [PV Archange]

Message par Artémis Chester le Mer 22 Fév - 19:58

Quand Alberforth entra, le prisonnier était dans un coin de la cellule, en tailleur, yeux fermés et paumes vers le ciel. Son visage était sérieux, concentré, comme si il méditait avec une conscience d'acier. Il ne réagit pas quand le garde ouvrit le judas pour observer l'intérieur de la cellule, ni quand il tourna les clefs cliquetantes dans sa serrure; pas plus d'ailleurs quand la lourde porte de bois se traîna jusqu'en position ouverte, raclant le sol avec un bruit sourd. Haletant, le garde posa un plateau métallique au milieu de la pièce.

-A manger, Chester.

Il observa le détenu. Il portait un ensemble de tissus gris et noir, qui ressemblait vaguement à un kimono, tenue nécessaire pour tous les prisonniers. Ses affaires étaient confisquées, quelque part dans un zone magique; Alberforth, et très probablement Chester, sentaient peser sur leurs capacités magiques la présence d'une Pile massive, à l'étage, absorbant toute énergie magique dans la zone. Aucun sort. Aucun envoûtement. Juste la massue du garde.

Laquelle fut dégainée pour être violemment frappée contre le battant de bois (qui, à sa décharge, résista stoïquement). Chester ouvrit les yeux, et sans se presser, vint s'assoir devant le garde pour manger son pain fourré à aux légumes. Il mangea rapidement, but un verre d'eau, puis prenant les trois tranches de pommes faisant office de désert, les leva devant les yeux du garde.

-Je peux les garder ? Pour les manger plus tard ?

-Non.

Chester mangea sa pomme sans discuter. Il contait bien faire preuve de bonne conduite en prison, de manière à ne rien s'attirer sur lui pour son procès. Et puis c'était le meilleur moyen de gagner des faveurs de la part des gardes. Alors qu'Alberforth se baissait pour ramasser le plateau, Chester se pencha soudainement en avant.

-Fumeur ?

Le garde garda tout son sens froid. Pourtant, au moindre geste, il assénait son plateau sur le crâne du détenu.

-Oui, pourquoi ?

-Je voudrais fumer.

Le garde plissa les yeux.

-Je vais voir ce que je peux faire.

Chester tendit aussi les poignets. Ses menottes cliquetèrent joyeusement, à nouveau. Le garde le regarda droit dans les yeux, puis marmonna un "tant pis pour la blague" et lui retira ses menottes. Chester était plutôt gringalet, et Alberforth un géant baraqué à la peau d'ébène. Le garde ne craignait pas grand chose. D'un geste du menton, il demanda à Chester de reculer au fond de la salle -ce qu'il fit- puis il sortit.

Quand Archange arriva, Chess crachait des ronds de fumée vers le plafond, appuyé contre le mur, en tailleur sur son lit, sa pipe de bois noir entre les dents.

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Re: Ah, tu me brises le coeur. Et les jambes. [PV Archange]

Message par Archange le Mer 22 Fév - 21:25

Archange marchait dans les couloirs froids et sans vie de la prison. Il avait volé toute la nuit et avait soudoyé tout une partie de la prison juste pour un face à face avec la personne qui avait détruit sa vie il y a trois ans. Bien qu'en apparence, le Butineur paraissait avoir fait son deuil il cauchemardait chaque soir en repensant au sourire diabolique qu'avait fait le jeune homme roux lorsqu'il avait signé le contrat, et chaque soir il voyait sa mère se tordre de douleur dans ses bras. Rien, non, plus rien ne pouvait le stopper pour aller regarder le Conteur droit dans les yeux. Il s'avançait dans les couloirs toisant d'un regard d'acier tout détenu osant lui adresser la parole… Le garde Alberforth lui avait indiqué la cellule de Chester sans l'accompagner, le surveillant avait compris qu'il ne fallait pas être témoin de ce qui aller suivre dans la cellule du rouquin.

Archange ouvrit la lourde porte et rentra dans la cellule dont la seule source de lumière était une fenêtre aussi mince qu'une meurtrière. Le Butineur s'avança dans l'obscurité, puis d'un geste théâtral retira la grande cape noire qu'il avait acheté en chemin… Le Conteur était en train de fumer la pipe en tailleur sur sa couchette. L'ombre et ses mèches rousses cachaient ses yeux, seule sa bouche qui laissait passer la fumée, était discernable. Lorsque le jeune Compte était entré, il avait esquissé un léger sourire, il commença :

-Comment va ta sœur ? Le léger sourire s'était refroidi

Le Butineur s'avança vers Chester le souleva d'une main puis lui asséna un coup de poing en plein visage faisant voler la pipe et le Conteur avec.

-Bien merci, continua Archange en regardant Artémis qui s'essuyait les lèvres après desquelles coulait un filet de sang.

-Que me vaut le plaisir de ta visite ? Demanda le Conteur avec une fausse politesse qu'Archange voulait lui faire ravaler à coup de genoux dans le ventre.

-Tu es en prison, tu as tué une fois de plus, je veux te regarder en face une dernière fois avant que tu croupisses au bagne pour le reste de ta méprisable vie.

-Tellement mignon de ta part… Sauf que… Surprise ! Une fois encore je n'ai tué personne

-Comment oses-tu ? Archange, indigné, se rua sur le chétif jeune homme et le jeta contre le mur opposé.

-Comme ça, répondit-il simplement en crachant du sang une seconde fois

-Tu es fini Chester… Essaye au moins de partir en prison en étant honnête avec toi-même !

-C'est le truc, je le suis, Il y eu un temps puis il reprit, Mais tu sembles un peu trop stupide pour comprendre, hein, Archangeounet ? C'est pas grave. Contente toi de me frapper, ça t'éviteras de penser…

-Tu as raison… Je vais me défouler ça me fera du bien.

Le Butineur se saisi une nouvelle fois du Conteur, lui asséna un coup de tête, sonné Chester ne su anticiper les quatre coups de poings dans le ventre et l'uppercut dans le menton que Archange décrocha. La rage montait chez celui qui pouvait venger sa mère, il regarda Artémis et son sang ne fit qu'un tour.

-Elle ne se lèvera plus jamais, alors je veux qu'à chaque fois que toi tu te lèvera tu ais le souvenir douloureux de cette vie que tu as ôtée.

Il souleva le Conteur et le mit debout, sonné et incapable de répondre quoique ce soit. Artémis regarda une dernière fois son agresseur, la folie brulait dans son regard. Archange le regarda avec dégoût et écrasa le genou droit de Chester avec son pied. Un craquement d'os et de chair résonna dans la cellule. Le sang coulait mais la fracture ouverte de Chester de l'empêcha pas de sortir une dernière réplique cinglante.

- Aaah. Regarde nous. Deux monstres dans une seule petite cellule. Qu'ais-je donc fais de toi ?

Il rigola une dernière fois et s'évanoui de douleur. Archange regarda son œuvre avec dégoût et pensa que son ennemi avait raison : en plus de lui avoir pris sa mère il lui avait pris une part de son humanité. Il s'en alla, honteux et triste de ce qu'il avait accompli. Le feu qui brulait en lui depuis la mort de sa mère n'en avait pas été apaisé… Au contraire il flamboyait encore plus et dans sa tête résonnait encore le rire de Chester.

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Re: Ah, tu me brises le coeur. Et les jambes. [PV Archange]

Message par Artémis Chester le Mer 22 Fév - 22:08

Violence. Douleur.
C'était basiquement les seuls mots du Cortex cérébral d'Artémis au reste de son corps, et du reste de son corps à son cortex cérébral.

Violence. Douleur. Mort prochaine.
Chess ouvrit les yeux. Il dodelinait de la tête, les couleurs lui brûlaient les rétines. Il entendait des bruits sourds. La tête lourde, fiévreux, le Conteur essaya de se redresser. Tentative qui lui arracha un cri de douleur. A sa vision troublée s'offrit l'image de son genoux sanguinolent et brisé.

Oh. Il n'y avait donc aucun médecin, dans ce foutu bagne ? Chess s'écroula à nouveau.

Les minutes (heures ?) qui suivirent lui furent étranges. Différents flash-back, de différentes étapes de sa vie, ponctuées par un noir absolu ou des périodes de délires improbables. Il se vit vautré sur un brancard, les yeux roulants dans leurs orbites, portés par des gardes; dansant sur une plage en compagnie d'homme à tête de boeuf: debout sur un bateau, voguant sur des collines de terre, prêt à plonger dans l'abyme de la fin du monde; tombant du sol pour atterrir sur le ciel; mangeant des planètes en compagnie d'un regard fait de papier; jouant aux humains contre un plateau d'échec; et puis soudain, Archange, dont les ailes étaient devenues couleur de cendre, plongeant ses mains dans sa poitrine, et au moment où il arracha son coeur encore palpitant, il hurla d'un choral de milles voix:

-Chester !

Artémis se réveilla en sursaut. Il était allongé sur un lit couvert de draps blancs. Les murs étaient peints d'un bleu nuit, et le meuble était en acajou clair. Il y avait une table couverte de fioles, une chaise sur laquelle on avait posé un bâton de bois clair. Chess se redressa en position assise: une douleur lancinante lui lacéra la jambe droite, au niveau du genou. Pour autant, elle était moins violente que lors de ses délires. Il prit une grande inspiration et attrapa le rebord de la couverture. Il fallait qu'il connaisse l'étendu des dégâts.
C'est alors que la porte s'ouvrit.
Artémis se retourna aussi sec. Intérieurement, il craignait qu'Archange n'en n'ai pas eu assez. Il avait joué au taré face au Butineur, mais cet enflure lui avait pété un genoux droit. Ce que le Conteur lui ferait payer: lentement. Douloureusement.
Mais à la place, ce fut une jeune femme en robe jaune qui entra dans la pièce, un léger dossier sous le bras droit. Elle marqua un temps d'arrêt en voyant le patient conscient, puis sourit d'un air légèrement factice.

"ça sent l'hôpital" grinça intérieurement Chester.

-Bienvenue dans la clinique du Bagne de... de... euh... (son sourire disparu une fraction de seconde puis revint, plus inexpressif que jamais) Je suis l'infirmière Aaron. Emma Aaron. Enchanté.

-J'aimerais vous dire la même chose, si nous étions autour d'un verre et pas autour de mon lit d'hôpital.

Il n'y avait aucun humour dans cette phrase. Pas plus qu'il n'y en avait dans le regard encore vaporeux de Chester -shooté aux anti-douleurs- ou dans les yeux verts d'Emma.

-Votre procès est dans 3 jours monsieur.

-Charmant.

-J'espère que vous passez un...

-Certes. Faites moi un récapitulatif. Pourquoi j'ai encore mal ?

Emma marqua un temps d'arrêt.

-Nous avons fait de notre mieux. Mais on vous a trouvé un peu tard (la garde à mis du temps à remarquer votre état). On m'a dit que vous vous êtes battus avec d'autres détenus: ce n'était pas très intelligent de vous frotter à plus gros que vous.

Chester, mit un quart de seconde à comprendre. Quelle enflure. Et c'était lui le monstre... soudoyer le bagne... Avec une notion d'honnêteté parfaitement adéquate, il remarqua que lui n'aurait jamais eu suffisamment d'argent pour mettre à son service toute la prison. Mentalement, il salua l'effort qu'Archange mettait à détruire son code moral juste pour lui. Il était plutôt touché.

-Il vous a payée personnellement, pour cette phrase en particulier ? fit-il avec un très léger sourire en coin.

-Pardon ?

-Rien. Continuez.

-Du coup, le temps qu'on vous trouve, nos médecins normaux ont été assez incompétents. Et le temps qu'on en appelle à la magie... et bien vous pouvez marcher !

-Avec une canne, fit Chester en faisant un signe de tête vers le bâton blanc posé contre la chaise.

-Offerte par la maison.

-J'en ai une mieux dans mon sac. Je la veux. Pour des raisons médicales. Faites votre métier correctement, au moins un minimum.

Emma cligna des yeux. Un goujat, un vrai. Mais on lui avait toujours appris à sourire. Et puis, elle était bien au dessus de la Plèbe, incapable d'être reconnaissante dans le travail parfaitement vitale qu'étais le sien -tapoter avec condescendance la joue des patients- et pouvais tout à fait gérer l'attitude du Conteur. Elle inclina légèrement la tête, sans se départir de son sourire, puis alla chercher la canne. Un joli bâton de bois blanc. Dommage qu'il n'en veuille pas. Tant pis, elle le brûlerait sans aucune raison valable: après tout, c'était un individu femelle cis-genre hétérosexuelle privilégiée par la société. Elle avait une réputation à tenir. Pour autant, quand elle s'apprêtait à sortir, la voix froide du Conteur s'éleva. Encore.

-Il me faudrait aussi de quoi écrire et du papier. J'ai une lettre à envoyer.

-A qui ? demanda poliment Emma.

Chester ne répondit pas, et Emma s'en alla, comprenant qu'elle venait d'être proprement congédiée. Ce n'était pas grave. Elle était forte. Et supérieur à Chester.
Lequel, soit-dit en passant, préféra se rendormir que de regarder son genou.

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